9 novembre 2006
Le point sur le réaménagement du Bd de Magenta, en quelques questions
courantes et les réponses de Charlotte Nenner, adjointe au Maire du 10e,
chargée des transports, de la circulation et de la voirie
« pourquoi avoir choisi de mettre la piste cyclable sur le
trottoir ? »
Ce projet est issu d’une période de concertation à la fois riche et longue.
Un point ressortait clairement de toutes les remarques : il faut davantage
de végétalisation. Ce qui nous a amené à proposer une deuxième rangée d’arbres.
Un autre point revenait : la critique des couloirs de bus ouverts aux
vélos. Ainsi, la solution qui a été trouvée est la seule qui a permis de
planter près de 300 ormes et de faire une piste cyclable, isolée du couloir de
bus et de la circulation. Sur le boulevard de Magenta, les trottoirs sont
passés de 5 m à 8 m. La place a été prise à la voiture, pas aux piétons.
« les piétons gênent les cyclistes » ou « les vélos ne
respectent pas les piétons »
Certes, il peut y avoir des problèmes de cohabitation entre piétons et
cyclistes. Mais ceci est aussi une question d’habitude. Il faut laisser le
temps à chacun de s’approprier ces nouveaux aménagements. Dans les villes où ce
type de piste cyclable existe depuis longtemps, les cyclistes et piétons
cohabitent plutôt bien. D’ailleurs, sur la partie sud du Bd de Magenta, les
comptages montrent bien que la piste est de mieux en mieux respectée.
La piste du boulevard de Magenta est plutôt pour les cyclistes peu rapides
et peut être un vrai encouragement pour ceux que la pratique du vélo à Paris
effraie. Il faut aussi que les cyclistes "de longue date" roulent un peu moins
vite et respectent les piétons égarés. L’utilisation de la sonnette est assez
efficace.Déjà nous avons testé un marquage de la piste cyclable permettant aux
piétons de mieux l’identifier et aux cyclistes de ralentir et de céder la
priorité aux piétons aux croisements. Nous allons évaluer ces dispositifs et
s’il est possible de mieux marquer la piste cyclable.
Le principe de partage de cet espace doit être celui du « code de la
rue », que nous souhaitons pour Paris, c’est à dire celui d’un partage de
l’espace public, dans un respect mutuel, où la priorité doit être donnée au
plus fragile.
« les trottoirs sont envahis par les motos et par les
étalages »
Nous avons créé plusieurs zones de stationnement pour les motos sur les rues
adjacentes. Dans le 10e, près de 400 emplacements pour motos auront été créés.
Mais pour faire respecter les trottoirs, il faut que le stationnement sauvage
des motos et les étalages non autorisés soient réprimés par la Préfecture de
Police.
« que vont devenir les arbres ? »
Les sophoras et les platanes de la première rangée d’arbres continuent leur
belle vie. Au fur et à mesure du renouvellement naturel des arbres (quand ils
sont très malades ou morts), ils sont remplacés par des ormes, c’est à dire de
la même essence que la deuxième rangée nouvellement plantée.
Les branches d’arbre les plus proches des façades doivent être élaguées au
cas par cas, pour garantir l’accès des pompiers en cas de sinistre.
« il n’y a pas plus de place pour les piétons »
Le trottoir, y compris la piste cyclable, est passé de 5 mètre à 8 mètre de
chaque côté. La bande de trottoir entre le couloir de bus et la piste cyclable,
accueille une bonne partie du mobilier urbain qui encombraient les trottoirs
auparavant. Mais là où les piétons ont gagné le plus de place, c’est aux
carrefours et au niveau des traversées piétonnes. Pour le confort et la
sécurité des piétons, les longueurs des traversées ont pour certaines été
diminuées de moitié. L’Eglise St Laurent dispose d’un vrai parvis ; la
place Jacques Bonsergent est piétonne et les trottoirs de la place de Roubaix
ont été largement agrandis.
« C’est plus embouteillé qu’avant »
Les voitures roulent moins vite qu’avant l’aménagement. Parfois c’est
l’embouteillage, surtout aux heures de pointe, mais en général, cela roule au
pas. A noter, que depuis les modifications des carrefours en août et en
novembre 2006, la fluidité observée est bien meilleure. La vitesse moyenne est
passée de 9 à 10,5 km/h.
La recherche la fluidité pour la circulation automobile n’était pas
l’objectif du réaménagement, sinon, nous n’aurions pas changé grand chose. Il y
a deux fois moins de files pour la circulation qu’avant. C’est un choix qui
obéissait à la volonté de départ : réduire l’espace dévolu à la
circulation, au profit des bus, des taxis, des vélos et des piétons. Il faut
que les habitudes se prennent pour qu’il y a ai réellement moins de voitures
circulant à Paris. Ceci passe par une politique globale qui vise à réduire la
place à la voiture, à donner la priorité aux transports en commun et aux vélos
pour offrir une vraie alternative à la voiture pour les déplacements. La
circulation a baissé depuis 2001 de 15% sur l’ensemble de Paris. Sur le Bd de
Magenta, il y a environ 2 fois moins de véhicules qu’avant. Ce n’est sans doute
pas assez, mais en terme de bruit, de pollution et de dangerosité, cela compte
énormément.
Grâce aux renforcements d’offre bus qui vont se mettre en place d’ici
janvier 2007, plusieurs lignes de bus circulant sur Magenta vont voir leur
offre augmenter fortement, permettant une meilleure alternative à la voiture
(lignes 31, 54, et 65).
« y a-t-il du progrès niveau sécurité routière ? »
Forcément avec une vitesse réduite, on gagne en sécurité. Les possibles
conflits sont plutôt piétons/vélos, ce qui provoque en général des accident peu
graves, en tout cas bien moins qu’entre un piéton et une voiture ou une moto.
Il n’y a pas pour l’instant de statistiques sur les accidents, donc on ne peut
pas tirer de bilan quantitatif pour l’instant.
« cela va-t-il faire augmenter le prix des loyers ? »
Les loyers ont augmenté dans Paris et dans tout le 10e. Il est beaucoup trop
tôt pour dire si l’aménagement a eu une quelconque influence sur cette hausse -
en général plutôt due à la spéculation immobilière. Sur d’autres aménagements
parisiens (à l’exception du tramway), on constate que la hausse des loyers est
identique à la moyenne parisienne. Et il faut rappeler que l’amélioration de la
qualité de vie était jugée indispensable par les populations de ces quartiers,
très dégradés.
« est-ce bon ou mauvais pour les commerces ? »
Les travaux ont été difficiles pour les commerces, comme pour les riverains.
C’est toujours une période difficile pour tout le monde, mais, projet de
réaménagement ou pas, les travaux de réfection étaient nécessaires car la
voirie étaient très endommagée.
Les possibilités pour se faire livrer sont nombreuses grâce aux zones de
livraison créées. Une charte des livraison va être mise en place et elle
permettra une meilleure rotation des emplacements. Les zones de livraison ont
été agrandies pour le marché St Quentin, qui dispose maintenant d’un linéaire
important pour ses livraisons.
Une étude sur les commerces permet de suivre chaque année les ouvertures,
les fermetures et les affectations des commerces. Le nombre de commerces a
augmenté depuis 2004 (278 en 2004, contre 316 en juin 2006). Il n’y a plus que
14 commerces vacants (contre 26 en 2004). Le type de commerce évolue avec une
hausse de la téléphonie, des agences de voyage et des ventes de vêtements.
« y a-t-il du progrès niveau pollution ou bruit ? »
L’évaluation du bruit montre une baisse de 3 à 4 dBA, ce qui représente une
diminution de moitié du bruit perçu ! Cela équivaut au gain que l’on peut
obtenir par des doubles vitrages. Des mesures vont être faites pour évaluer
l’exposition aux divers polluants. En ce qui concerne l’émission des polluants
(le côté pollueur), ceci est directement lié au nombre de véhicules y circulant
et à leur vitesse.
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